7 %. Voilà le taux d’absorption d’humidité que peut atteindre le carton lors de simples variations de stockage. Résultat : rigidité en chute libre, structure fragilisée, et la promesse d’un matériau fiable s’effrite. On vante partout sa recyclabilité, mais la réalité est plus grise : à peine 70 % des rebuts de carton collectés retrouvent une seconde vie via les filières dédiées. Le reste ? Direction l’incinérateur ou la décharge, malgré les belles affiches sur la seconde chance des matériaux.
À l’heure où l’on scrute la moindre goutte économisée, un autre chiffre dérange : la production de carton neuf, selon la fibre choisie, engloutit jusqu’à 50 % d’eau supplémentaire par rapport à celle du plastique. Une dépense qui s’ajoute à la dégradation expresse du matériau : quelques expositions à des conditions humides, et le carton perd sa tenue, condamnant la réutilisation à un vœu pieux.
Le carton, un matériau pas si vert qu’il n’y paraît
Le carton attire facilement les suffrages : on le croit naturel, recyclable, compostable. Mais la réalité du terrain ne suit pas toujours le discours. En coulisses, la fabrication du papier-carton laisse une empreinte bien plus marquée que ce que laisse supposer son image de champion de l’éco-responsabilité. Carton recyclé ou fibres vierges, peu importe : l’eau demeure la clé de voûte du procédé. Certaines étapes de fabrication, en particulier le rinçage et le traitement de la cellulose, consomment jusqu’à 50 % d’eau de plus qu’une production plastique équivalente.
Dans l’usage, le carton ondulé trahit vite ses limites. Sa capacité à se biodégrader dépend largement du climat : humidité et température font la loi. Quant à la recyclabilité, elle reste en demi-teinte : en France, seuls sept cartons sur dix collectés rejoignent un vrai circuit de recyclage. Les autres finissent enfouis ou brûlés, loin de la boucle vertueuse souvent promise.
Certes, les labels FSC, PEFC ou ISO 14001 garantissent une gestion forestière raisonnée. Pourtant, ces certifications, aussi sérieuses soient-elles, ne suffisent pas à compenser le poids environnemental global du carton. La collecte varie fortement d’un territoire à l’autre, et l’Hexagone, comme bien d’autres pays européens, peine à mettre en place une gestion vraiment cohérente de la ressource. Résultat : l’emballage carton, souvent perçu comme une solution verte, reste confronté à des réalités concrètes, que ce soit sur le plan de l’empreinte carbone ou de la disponibilité des matières premières.
Voici quelques exemples concrets des freins soulevés par le carton :
- Consommation d’eau et d’énergie supérieure pour le carton neuf
- Recyclage incomplet : jusqu’à 30 % de pertes
- Dégradation rapide et réutilisation limitée
En logistique, l’attrait du carton ondulé est réel. Mais sa place dans une démarche éco-responsable mérite réflexion. Avant de choisir, prenez la mesure du cycle de vie complet : l’impact environnemental ne s’arrête pas à la sortie d’usine, et l’efficacité fonctionnelle reste un critère de poids.
Quels sont les principaux inconvénients du carton pour l’emballage ?
L’un des obstacles majeurs du carton, c’est sa sensibilité à l’humidité. Il suffit d’un contact avec l’eau pour que la fibre gonfle, se déforme, et que la résistance s’effondre. Même après traitement, lamination ou cire, par exemple, la protection reste imparfaite : l’humidité ambiante s’infiltre, altérant la durabilité du carton, en particulier lors du stockage prolongé ou du transport international.
Autre limite tangible : l’étanchéité. Prenez les gobelets en carton : sans une fine couche plastique à l’intérieur, ils laissent fuir les liquides. Mais ajouter ce revêtement complique ensuite le recyclage. Les filières doivent séparer les couches : une opération coûteuse, énergivore, générant des déchets additionnels.
La perception du carton comme matériau jetable colle à la peau du secteur. Sa faible résistance mécanique condamne nombre d’emballages à l’usage unique : les cartons recyclés, bien qu’appréciés, s’usent vite lors de la manutention ou dans des environnements humides.
La gestion des déchets reste un nœud critique. Un carton souillé ou composite échappe souvent au recyclage classique. Peu de centres de tri sont équipés pour traiter ces mélanges, ce qui alimente la part de cartons incinérés ou enfouis sur le territoire. La promesse d’une solution durable se heurte à une réalité industrielle bien plus complexe.
Carton ou plastique : comment choisir en fonction de vos besoins ?
Départager carton et plastique, c’est bien plus qu’une question de coût. Chaque matériau a ses forces, mais aussi des faiblesses marquées, surtout dans l’emballage pour l’industrie alimentaire ou pharmaceutique. Le carton séduit à première vue grâce à son rendu en magasin, sa surface idéale pour le graphisme, son image chaleureuse. Mais sa durabilité limitée et sa faible résistance à l’humidité en restreignent l’usage aux produits peu exposés et aux emballages de courte durée.
Le plastique, de son côté, s’impose dès qu’il s’agit de garantir l’étanchéité et la protection prolongée. Il forme une barrière solide contre l’air, l’eau et les agents extérieurs. Les gobelets en plastique restent ainsi la norme dans les chaînes logistiques où la réutilisation et le transport longue distance sont essentiels. Ce matériau, bien que discuté pour son impact sur l’environnement, conserve la préférence de secteurs tels que la cosmétique ou l’électronique pour sa robustesse et sa fiabilité.
Pour mieux cerner les usages, voici à quoi se destinent généralement ces matériaux :
- Carton pour : emballages éphémères, solutions biodégradables, supports de communication.
- Plastique pour : produits sensibles à l’humidité, cycles de vie prolongés, logistique complexe.
Le cycle de vie de chaque emballage doit guider le choix : regardez l’impact environnemental, la possibilité réelle de recyclage, mais aussi la durée d’usage attendue. L’Europe pousse vers des alternatives plus responsables, mais chaque secteur doit composer avec ses propres contraintes et priorités.
Vers des alternatives durables pour repenser l’emballage
Le monde de l’emballage s’ouvre à une multitude de matériaux alternatifs pour répondre aux attentes croissantes en matière de responsabilité environnementale. Cellulose moulée, carton nid d’abeille, emballages hybrides : l’innovation devient une boussole. La cellulose moulée, par exemple, offre des qualités amortissantes précieuses pour l’électronique ou la cosmétique, tout en permettant des conceptions sur mesure. Le carton nid d’abeille, quant à lui, trouve sa place dans l’architecture temporaire ou les abris d’urgence, porté par la vision d’architectes comme Shigeru Ban et ses fameuses Paper Log Houses.
La fabrication additive et les systèmes d’emboîtement révolutionnent aussi le secteur. Grâce à des connecteurs écologiques, il devient possible d’assembler des structures complexes sans recourir aux colles chimiques. Résultat : des emballages démontables, faciles à recycler, qui limitent la production de déchets.
En France, la loi Egalim et la pression européenne donnent le tempo. Des entreprises comme Cideyeg Packaging ou le projet Wikkelhouse aux Pays-Bas montrent la voie : conjuguer innovation et démarche responsable n’est plus une option, mais un passage obligé.
Les alternatives se déclinent ainsi :
- Matériaux biosourcés
- Impression numérique pour une flexibilité accrue
- Emballages réutilisables ou compostables
La cadence s’accélère : législation, exigences de traçabilité, attentes sociétales. À chaque étape, du design à la fin de vie, le critère de circularité s’impose. L’emballage du futur ne sera pas seulement fonctionnel ou esthétique : il devra, surtout, s’inscrire dans un cercle vertueux, où chaque usage compte.


